
La paire de devises GBP/USD a poursuivi sa progression mardi, enregistrant ainsi son septième jour consécutif de hausse. Tout ce que nous avons évoqué dans l’article sur l’EUR/USD est également valable pour la GBP/USD. La semaine dernière, le marché s’est enfin souvenu qu’il n’existait pas que la géopolitique, le Moyen-Orient, le pétrole, le gaz et le dollar. Et dès qu’il s’en est souvenu, il a aussi rappelé à sa mémoire tous les événements des deux derniers mois qu’il avait consciencieusement ignorés.
Rappelons-nous tous les facteurs qui ne relèvent pas de la géopolitique. L’année a commencé par une décision de la Cour suprême des États‑Unis jugeant illégales toutes les taxes douanières de Donald Trump. La Maison-Blanche a refusé de restituer ces droits à leurs propriétaires, si bien que de nombreux Américains ont pris conscience d’un fait simple : leur propre gouvernement les avait dépouillés d’au moins 150 milliards de dollars. Trump, sans ciller, a immédiatement imposé de nouveaux droits de douane sur la base d’autres lois, confirmant pleinement nos attentes. Désormais, la justice peut bien annuler n’importe quel droit de douane et le déclarer illégal, cela ne changera rien. Trump ne rendra pas l’argent déjà collecté, et de nouveaux droits pourront être introduits, fût‑ce sur la base de la « Loi sur les passages piétons » ou de la « Loi sur la promenade des animaux de compagnie ». Toute l’Amérique pourrait alors intenter un procès à Trump, la justice mettrait au moins un an à examiner l’affaire, et, au bout du compte, se contenterait de reconnaître l’illégalité des droits de douane, et l’affaire s’arrêterait là.
Ensuite, les données macroéconomiques sur le marché du travail et le chômage américains (pour février) ont été un échec cinglant. Il est apparu clairement que le marché du travail américain non seulement ne se redresse pas, mais pourrait encore se dégrader en 2026. Le rythme de croissance de l’économie américaine pendant son « âge d’or » est tombé à 0,5 % au quatrième trimestre, tandis que la hausse des prix du carburant, du pétrole et du gaz a accéléré l’inflation.
Ce qui nous amène en douceur à la politique monétaire des banques centrales. Puisque l’inflation, grâce à Trump, augmentera dans de nombreux pays, il serait logique de supposer que toutes les banques centrales vont durcir leur politique en 2026, plaçant de nombreuses devises sur un pied d’égalité. Mais, en pratique, les choses ne se passeront pas ainsi. La Banque centrale européenne et la Bank of England ont indiqué lors de leur dernière réunion qu’elles étaient prêtes à resserrer leur politique d’ici avril. En revanche, la Réserve fédérale, dirigée par Jerome Powell, n’a adressé aucun signal au marché quant à une éventuelle hausse de taux. Au contraire, le comité du FOMC demeure « dovish » et anticipe une seule baisse de taux cette année. Ainsi, le durcissement de la position monétaire aux États‑Unis se limite à une réduction du nombre de baisses de taux.
Pourquoi ? Parce que la Fed doit tenir compte non seulement de l’inflation, mais aussi de la croissance économique et du marché du travail américain. Si le taux directeur commence à augmenter, Trump pourrait bien faire une crise cardiaque, l’économie ralentirait davantage, et le rapport Non-Farm Payrolls nous « réjouirait » chaque mois avec des chiffres négatifs. Rappelons qu’en moyenne, l’an dernier, les États‑Unis n’ont créé que 14 000 emplois par mois. Par conséquent, la BoE et la BCE vont durcir leur politique cette année, mais pas la Fed. Cela reste une configuration favorable pour l’euro et pour la livre.

La volatilité moyenne de la paire GBP/USD sur les 5 dernières séances de trading au 15 avril est de 113 pips. Pour la paire livre/dollar, cette valeur est considérée comme « élevée ». Ainsi, nous anticipons des mouvements à l’intérieur d’une fourchette comprise entre 1,3447 et 1,3673 mercredi. Le canal supérieur de la régression linéaire s’est orienté à la baisse, signalant un changement de tendance. L’indicateur CCI est entré en zone de surachat, ce qui suggère un possible repli baissier. Toutefois, les mouvements de marché restent principalement dictés par la géopolitique plutôt que par l’analyse technique.
Niveaux de support les plus proches :
S1 – 1,3550
S2 – 1,3489
S3 – 1,3428
Niveaux de résistance les plus proches :
R1 – 1,3611
R2 – 1,3672
R3 – 1,3733
Recommandations de trading :
La paire de devises GBP/USD poursuit son mouvement de reprise après deux mois dominés par la géopolitique. La politique de Trump continuera de peser sur l’économie américaine, de sorte que nous n’anticipons pas de progression du dollar en 2026. Par conséquent, les positions longues avec des objectifs à 1,3916 et au-dessus restent pertinentes tant que le prix demeure au-dessus de la moyenne mobile. Si le prix passe sous la ligne de la moyenne mobile, des positions courtes avec des objectifs à 1,3367 et 1,3306 peuvent être envisagées sur la base de considérations géopolitiques. Ces derniers mois, presque toutes les nouvelles et tous les événements ont été défavorables à la livre sterling, contribuant à une tendance baissière prolongée. La géopolitique reste un facteur clé, mais son influence commence à s’atténuer.
Explications des illustrations :
Les canaux de régression aident à déterminer la tendance actuelle. S’ils sont tous deux orientés dans la même direction, cela indique une tendance marquée.
La ligne de moyenne mobile (paramètres 20.0, smoothed) définit la tendance à court terme et la direction dans laquelle il convient de trader.
Les niveaux de Murray servent de niveaux cibles pour les mouvements et les corrections.
Les niveaux de volatilité (lignes rouges) indiquent le canal de prix probable dans lequel la paire devrait évoluer au cours de la journée suivante, sur la base des lectures de volatilité actuelles.
L’entrée de l’indicateur CCI en zone de survente (sous -250) ou en zone de surachat (au-dessus de +250) signale qu’un retournement de tendance dans la direction opposée approche.