L’euro, la livre sterling et d’autres actifs risqués ont plongé brutalement après une montée des tensions dans la guerre au cours du week-end. La marine américaine a ouvert le feu et arraisonné un cargo battant pavillon iranien dans le golfe d’Oman — la première saisie d’un navire dans le cadre du blocus américain du détroit d’Hormuz. Cet incident, sur l’un des corridors commerciaux les plus stratégiques au monde, a immédiatement déclenché une vague de peur et d’incertitude sur les marchés financiers.

Donald Trump et des responsables iraniens ont tenu des propos contradictoires sur la prochaine phase du conflit, faisant planer une incertitude sur l’éventuelle tenue de pourparlers de paix entre les deux parties alors que l’accord de cessez-le-feu doit expirer dans les prochains jours. Les déclarations divergentes des dirigeants soulignent de profonds désaccords et compliquent les efforts visant à instaurer un dialogue constructif. Les marchés, sensibles à l’instabilité géopolitique, interprètent ces événements comme un signe d’escalade potentielle, entraînant une forte sortie de capitaux des actifs risqués.
Les baisses de l’euro et de la livre, ainsi que d’autres devises sensibles au risque, sont une conséquence directe de la montée des inquiétudes. Les traders déplacent leurs fonds vers des valeurs refuges comme le dollar américain et l’or, en attendant de nouvelles évolutions. L’expiration du cessez-le-feu, sans signe de prolongation ni de nouveau compromis, ne fait qu’accentuer la nervosité et prépare le terrain à de nouvelles pressions sur les actifs risqués.
Trump, qui avait déclaré vendredi qu’un accord avec l’Iran était quasiment conclu, a menacé dimanche de détruire toutes les centrales électriques et tous les ponts en Iran si les pourparlers échouaient. Les Iraniens nient avoir consenti des concessions sur un certain nombre de points que le président américain présente comme faisant partie du plan, notamment la fin de leur programme nucléaire et la remise aux États‑Unis de leurs stocks d’uranium enrichi.
La navigation dans le détroit d’Ormuz est désormais totalement à l’arrêt et, conjuguée à l’incertitude entourant la diplomatie États‑Unis–Iran, cette situation pèse sur les marchés financiers. On ignore également si des responsables iraniens et américains se rencontreront à Islamabad, au Pakistan, avant l’expiration mardi du fragile cessez-le-feu de 14 jours. Le vice‑président J.D. Vance, l’envoyé spécial Steve Witkoff et le gendre du président, Jared Kushner, doivent s’envoler pour Islamabad lundi soir pour des discussions mardi.
Trump a récemment déclaré qu’il voyait une possibilité d’accord, mais les Iraniens ont démenti, affirmant qu’il n’existait aucune perspective claire de règlement. L’Iran nie également participer à des pourparlers avec les États‑Unis à Islamabad.
Les événements du week‑end ont illustré le caractère imprévisible de la guerre et des efforts diplomatiques pour y mettre fin. Israël poursuit ses opérations au Liban malgré le cessez-le-feu annoncé la semaine dernière, ce qui accentue encore la pression sur les actifs risqués.
EUR/USD
Les acheteurs devraient envisager de s’emparer du niveau de 1,1765. Ce n’est qu’ensuite qu’ils pourront viser un test de 1,1790. De là, un mouvement vers 1,1830 est possible, même s’il serait difficile de l’atteindre sans le soutien de gros intervenants. L’objectif suivant se situe à 1,1850. En cas de repli, je n’anticipe un intérêt acheteur significatif qu’autour de 1,1730. Si personne ne se manifeste à ce niveau, il serait prudent d’attendre un nouveau plus bas à 1,1700 ou d’ouvrir des positions longues à partir de 1,1680.
GBP/USD
Les acheteurs de livre doivent s’attaquer à la première résistance à 1,3515. Ce n’est qu’à cette condition qu’une voie s’ouvrira vers 1,3550, au‑delà de laquelle une cassure sera difficile. L’objectif plus lointain se situe dans la zone de 1,3585. En cas de baisse, les vendeurs tenteront de prendre le contrôle à 1,3475. S’ils y parviennent, une sortie du range porterait un sérieux coup aux haussiers et entraînerait une chute de GBP/USD vers 1,3450, avec la perspective d’atteindre 1,3415.