Hier, le dollar américain s’est apprécié après l’annonce selon laquelle l’indice des prix à la consommation (CPI) aux États-Unis pour le mois d’avril a réservé une mauvaise surprise aux marchés : l’inflation a accéléré pour atteindre son plus haut niveau depuis près de deux ans. Pour la première fois en trois ans, le CPI a progressé plus vite que les salaires. Le rapport, publié mardi, a mis en lumière les inquiétudes concernant la persistance des pressions inflationnistes dans l’économie américaine.

L’indice des prix à la consommation global (headline CPI) a augmenté de 0,6 % d’un mois sur l’autre — exactement conforme aux prévisions. L’IPC annuel a atteint 3,8 %, son plus haut niveau depuis mai 2023 et, pour la première fois depuis trois ans, il dépasse la croissance des salaires. Cela signifie que les revenus réels des Américains ont nettement reculé.
L’indice de base, qui exclut l’alimentation et l’énergie, a progressé de 0,4 % sur le mois — légèrement au‑dessus du consensus. Sur un an, l’inflation sous‑jacente s’est élevée à 2,8 %, soit la plus forte hausse depuis septembre de l’année dernière.
Plusieurs composantes clés se distinguent parmi les facteurs qui tirent l’inflation à la hausse. L’énergie reste le principal moteur de la hausse des prix : en avril, elle a bondi de 3,8 % d’un mois sur l’autre, après un envol de 10,9 % en mars. Les prix de l’essence ont augmenté de 5,4 %. Il est important de noter que l’accélération du prix de l’essence est un facteur déterminant de la confiance des consommateurs américains dans leur président et dans ses politiques. Les tarifs aériens ont fortement grimpé — en hausse de 2,8 % sur un mois et d’environ 20,7 % sur un an — l’un des pics les plus marqués dans le secteur des services.
Le rapport indique également que les prix du logement ont apporté une contribution faussée à l’inflation sous‑jacente en raison d’une anomalie statistique. À la fin de l’année dernière, lors du shutdown du gouvernement, les données sur le marché du logement n’ont pas été collectées et les statisticiens ont enregistré une variation de prix nulle. Cela a conduit à une surestimation des chiffres d’avril : selon Natixis, le loyer équivalent propriétaire (owner‑equivalent rent) a ajouté 0,17 point de pourcentage à la mesure de base. Les prix du logement ont enregistré leur plus forte hausse depuis 2024.
La principale menace qui pèse actuellement sur l’économie américaine est le phénomène dit de « deuxième vague » : lorsque le niveau durablement élevé de l’inflation globale influence les anticipations d’inflation des ménages et des entreprises. Dans ce cas, contenir les pressions sur les prix devient nettement plus difficile, ce qui accroît la charge pesant sur la Réserve fédérale. Ce scénario a conduit les intervenants de marché à revoir leurs anticipations de taux de la Fed : la probabilité d’une hausse d’ici la fin de l’année dépasse désormais 40 %.

Comme indiqué plus haut, le dollar américain a réagi par une hausse, car le rapport sur l’IPC d’avril a clairement montré que l’inflation aux États-Unis reste obstinément élevée et de plus en plus multiforme — énergie, logement et services. Si la situation au Moyen‑Orient ne se stabilise pas à court terme, il sera encore plus difficile pour la Fed de faire face aux pressions haussières sur les prix.
Analyse technique de EUR/USD
Les acheteurs doivent désormais se concentrer sur la conquête du niveau de 1,1750. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils pourront viser un test de 1,1795. À partir de là, la paire peut se diriger vers 1,1825, même si y parvenir sans le soutien des grands intervenants sera difficile. L’objectif le plus lointain est 1,1850. À la baisse, je n’anticipe un intérêt acheteur sérieux qu’autour de 1,1725. S’il n’y a personne à ce niveau, il vaudra mieux attendre un nouveau plus bas à 1,1700 ou envisager des positions longues à partir de 1,1675.
Analyse technique de GBP/USD
Les acheteurs de livre doivent s’emparer de la première résistance à 1,3550. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils pourront viser 1,3585, au‑dessus duquel une cassure sera assez difficile. L’objectif le plus lointain est 1,3620. À la baisse, les vendeurs tenteront de prendre le contrôle de 1,3525. S’ils y parviennent, une sortie de la fourchette porterait un sérieux coup aux haussiers et ferait reculer GBP/USD vers un plus bas à 1,3500 avec la perspective d’un mouvement vers 1,3480.