Les marchés ont commencé à intégrer la probabilité d’un règlement du conflit au Moyen-Orient depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en avril. À la troisième décade de mai, les chances de paix s’étaient nettement accrues à la suite des déclarations de Donald Trump au sujet d’un accord à venir. Cependant, la situation demeure au point mort : les parties s’attaquent périodiquement, et l’annonce par l’Iran de son retrait des négociations a fait reculer les cours de l’EUR/USD.
Furieuse de l’attaque d’Israël contre le Liban, où est basé le Hezbollah soutenu par l’Iran, Téhéran menace non seulement de mettre fin au dialogue avec les Américains, mais aussi de fermer la voie alternative d’acheminement du pétrole — le détroit de Bab-el-Mandeb. L’escalade du conflit et les nouvelles difficultés d’approvisionnement risquent de faire grimper les prix du Brent, ce qui serait malvenu non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour l’Europe.
Dynamique de l’inflation en Europe

Les prix à la consommation dans la zone euro ont accéléré en mai, passant de 3 % à 3,2 % en raison de la hausse des prix du pétrole brut, tandis que l’inflation sous-jacente a bondi à 2,5 % et que les prix des services ont progressé à 3,5 %. Les craintes de la Banque centrale européenne concernant les effets de second tour sont en train de se réaliser, rendant une hausse des taux en juin inévitable.
Cependant, ce facteur est déjà intégré dans les cours de l’EUR/USD, tout comme un autre resserrement monétaire anticipé par le marché à terme. La question principale est de savoir si l’économie de la zone euro, déjà fragile, peut supporter des coûts d’emprunt plus élevés. Un durcissement de la politique monétaire pourrait ne pas être seulement un choc, mais se transformer en erreur politique de la part de la BCE — semblable à celle commise avant la crise économique mondiale de 2008, lorsque la BCE avait relevé ses taux avant de devoir les abaisser en raison de la récession.
Néanmoins, aussi faible que soit l’économie de la zone euro et aussi élevés que soient les risques d’erreur politique de la BCE, l’EUR/USD a de fortes chances d’évoluer à la hausse en cas de résolution du conflit au Moyen-Orient. Dans ce scénario, le mantra de la Maison Blanche sur le caractère temporaire de la forte inflation aux États-Unis se révélerait exact. La Réserve fédérale aurait alors la possibilité de reprendre son cycle d’assouplissement de la politique monétaire, ce qui porterait un coup sérieux au dollar américain.

Au cours de la phase initiale de résolution pacifique du conflit au Moyen-Orient, le dollar américain devrait perdre de son statut de valeur refuge. Ce scénario constitue la base, mais il est loin d’être le seul possible. Le fossé entre les positions des États-Unis et de l’Iran n’exclut pas la possibilité d’une reprise des hostilités. Dans ce cas, l’escalade, la montée des tensions géopolitiques et la détérioration de l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale serviront de catalyseurs à une baisse de la paire de devises principale.
D’un point de vue technique, une bougie quotidienne avec une longue ombre inférieure s’est formée sur le graphique de l’EUR/USD. Cela indique une faiblesse des vendeurs, surtout si le corps de la bougie n’est pas très large. Ce n’est pas le cas actuellement ; les traders prudents devraient s’abstenir d’intervenir sur le marché. Pour les traders agressifs, il est possible de placer un ordre d’achat en attente au niveau du plus haut de la bougie, proche de 1,1665.