La paire GBP/USD a fortement progressé en réaction aux déclarations de Trump sur la situation en Iran et aux données des nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage publiées en début de séance américaine, atteignant un plus haut intraday proche de 1,3460.
Cependant, cela ne change pas le tableau d’ensemble : la paire GBP/USD reste dans une situation d’incertitude, oscillant entre des signaux contradictoires en provenance des États-Unis et du Royaume‑Uni. Les prix élevés du pétrole, les tensions géopolitiques au Moyen‑Orient et la publication prochaine de données économiques clés façonnent la dynamique de la paire et créent un scénario complexe pour les investisseurs.
1. Pression sur le dollar américain : Fed hawkish et géopolitique
Marché du travail américain : les dernières données sur les nouvelles demandes hebdomadaires d’allocations chômage ont montré une hausse à 225 000 (contre une prévision de 213 000), ce qui suggère un certain affaiblissement du marché du travail. Cependant, les demandes continues ont diminué et les chiffres ADP de mai concernant les créations d’emplois (122 000 contre 118 900 attendus) ont confirmé sa résilience. Le marché a désormais les yeux rivés sur le rapport NFP de vendredi, attendu en hausse de 85 000, avec un taux de chômage qui resterait à 4,3 %. Des données NFP robustes pourraient considérablement renforcer le dollar.
Position de la Fed : des responsables de la Federal Reserve, dont la présidente de la Dallas Fed, Lori Logan, ont exprimé leurs inquiétudes concernant l’inflation et évoqué la possibilité d’une hausse de taux d’ici la fin de l’année afin de rétablir la stabilité des prix. Le Beige Book de la Fed et les enquêtes ISM confirment la stabilisation du marché du travail ainsi que la montée des pressions inflationnistes. Le marché intègre déjà une probabilité d’environ 60 % d’une hausse de taux de 25 points de base d’ici la fin de l’année, ce qui soutient la vigueur du dollar.

Géopolitique. Le dollar américain se montre sensible aux événements au Moyen-Orient
Les espoirs de négociations en vue d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran ont temporairement affaibli le dollar ; toutefois, l’escalade du conflit (frappes contre des bases aériennes américaines et attaques contre des pétroliers) ravive rapidement la demande de dollar en tant qu’actif refuge. Les déclarations du président Trump concernant des « négociations finales » avec l’Iran n’ont pas eu d’impact significatif sur le marché en raison de l’absence de mesures concrètes.
Tarifs douaniers
La proposition de la Maison-Blanche d’imposer des droits de douane supplémentaires pouvant atteindre 12,5 % sur les importations en provenance de 60 pays (dont la Chine, l’UE, le Japon et le Royaume‑Uni) au motif du recours au travail forcé pourrait provoquer des mesures de rétorsion et exercer une pression supplémentaire sur l’économie mondiale, ce qui pourrait également soutenir le dollar en tant que monnaie refuge.
2. Livre sterling sous pression : faiblesse de l’économie et ambiguïté de la Bank of England
Données économiques du Royaume‑Uni
L’activité des entreprises dans le secteur des services au Royaume‑Uni, le plus sensible à la dynamique des prix, a reculé de façon inattendue à 49,3 points, entrant en « zone rouge » pour la première fois depuis mai de l’an dernier. L’indice composite est lui aussi tombé sous le seuil des 50 points. Ces chiffres témoignent d’un affaiblissement de l’économie et constituent un obstacle à l’appréciation de la livre.
Bank of England
Les autorités monétaires de la Bank of England envoient des signaux contradictoires. Megan Greene, membre du comité et connue comme une « faucon », estime que les arguments en faveur d’un relèvement des taux d’intérêt sont renforcés par la crise au Moyen‑Orient et par l’inflation, et considère une hausse des taux en juin comme presque acquise. Toutefois, d’autres responsables, dont le gouverneur Bailey, expriment des préoccupations « dovish » concernant le marché du travail. Les marchés intègrent un risque limité de resserrement lors de la réunion de juin, mais anticipent presque deux hausses de taux de 25 points de base d’ici décembre. Cette incertitude entourant la politique de la Bank of England limite le potentiel de progression de la livre.

Impact des droits de douane américains
Le Royaume-Uni fait partie des pays confrontés à de nouveaux droits de douane commerciaux imposés par les États‑Unis. Cela pourrait fragiliser les relations commerciales bilatérales et exercer une pression supplémentaire sur l’économie britannique et sur la livre.
Perspectives pour la paire GBP/USD
À court terme, la dynamique de la paire GBP/USD dépendra en grande partie des facteurs suivants :
- Rapport sur l’emploi américain (NFP) de vendredi : des données solides pourraient nettement renforcer le dollar, exerçant une pression baissière sur GBP/USD.
- Évolutions géopolitiques au Moyen‑Orient : toute escalade du conflit renforcera l’attrait du dollar en tant qu’actif de protection.
- Rhétorique de la Bank of England : si les positions « hawkish » dominent, cela pourrait soutenir la livre, mais la faiblesse des indicateurs économiques britanniques demeure un obstacle majeur.
- Droits de douane américains sur le commerce : la mise en place de nouveaux droits de douane pourrait renforcer le dollar et affaiblir la livre.
Conclusion
Même après la publication du rapport d’aujourd’hui sur les nouvelles inscriptions au chômage, l’indice du dollar américain (USDX) se négocie autour de 99,20, ce qui indique un biais modérément haussier et un maintien au‑dessus des principales moyennes mobiles. Cela confirme le soutien à une tendance haussière plus large pour le dollar. Dans un contexte d’affaiblissement de l’économie britannique et de signaux mitigés en provenance de la Bank of England, la livre peine à conserver ses récents gains. La paire GBP/USD devrait continuer d’évoluer dans un environnement de forte volatilité, un renforcement potentiel du dollar pouvant se traduire par de nouvelles baisses. Les investisseurs devraient suivre de près les prochaines publications économiques ainsi que l’actualité géopolitique.