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FX.co ★ EUR/USD. La situation à Bab el-Mandeb : un nouveau risque pour le marché ?

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Analyses:::2026-07-20T17:51:20

EUR/USD. La situation à Bab el-Mandeb : un nouveau risque pour le marché ?

La paire EUR/USD a testé aujourd’hui le niveau de résistance intermédiaire à 1,1450 (la ligne médiane des Bandes de Bollinger sur le graphique H4), avant de se retourner nettement à la baisse en direction de la base du seuil de 1,14, en réaction à la dernière escalade au Moyen-Orient.

EUR/USD. La situation à Bab el-Mandeb : un nouveau risque pour le marché ?

Il est particulièrement remarquable que les traders aient fait preuve d’une résilience notable la semaine dernière en ignorant largement les événements dans la région. Les intervenants de marché se sont plutôt concentrés sur l’agenda macroéconomique, défavorable au dollar américain. Les principaux catalyseurs ont été les publications de l’IPC et de l’IPP américains, dont presque tous les éléments clés sont ressortis plus faibles qu’anticipé. Les développements géopolitiques n’ont fourni qu’un soutien de fond au billet vert — le dollar américain jouant toujours le rôle d’actif refuge — empêchant les acheteurs de l’EUR/USD de s’installer durablement au‑dessus de la résistance des 1,1470.

Cette semaine, le marché fait face à une nouvelle mise à l’épreuve. La dernière escalade provient des Houthis du Yémen, qui ont annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite. En substance, il s’agit d’une nouvelle phase du conflit au Moyen‑Orient. Alors que les traders avaient accepté de reléguer les risques géopolitiques au second plan la semaine dernière, ils doivent désormais déterminer si cette nouvelle crise peut prendre le pas sur les facteurs macroéconomiques. Le marché conservera‑t‑il sa résilience ou les considérations géopolitiques finiront‑elles par s’imposer au premier plan ?

Pour commencer, l’annonce faite aujourd’hui par les Houthis d’un « blocus maritime » de l’Arabie saoudite et de l’interdiction des navires battant pavillon saoudien a déclenché une hausse de la volatilité à la fois sur le marché pétrolier et sur les paires de devises liées au dollar américain. On ne sait toujours pas comment les Houthis entendent faire respecter concrètement le blocus annoncé. Toutefois, la déclaration en tant que telle a accru l’anxiété des marchés, car le groupe contrôle une part importante du littoral yéménite le long du détroit de Bab el‑Mandeb, l’un des goulets d’étranglement maritimes les plus stratégiques au monde.

Le marché tente désormais d’évaluer si la situation actuelle peut raisonnablement être comparée à la crise autour du détroit d’Ormuz et si un scénario similaire pourrait se reproduire.

Selon de nombreux analystes et observateurs politiques, la probabilité d’un blocus à grande échelle du détroit de Bab el‑Mandeb demeure relativement faible malgré la rhétorique agressive des Houthis.

Premièrement, le détroit de Bab el‑Mandeb se distingue nettement du détroit d’Ormuz. Alors que l’Iran dispose d’une marine pleinement développée, de systèmes de missiles côtiers, de sous‑marins, d’avions militaires et d’un vaste réseau de défense antinavire, les capacités des Houthis sont beaucoup plus limitées. Ils sont en mesure de créer des risques localisés pour le trafic maritime, mais ne disposent pas des moyens nécessaires pour établir un contrôle durable sur l’ensemble de la voie navigable. En d’autres termes, ils peuvent mener des attaques ponctuelles contre des cibles spécifiques, mais ils n’ont pas les forces navales requises pour contrôler physiquement le détroit, inspecter les navires ou déployer des champs de mines à grande échelle capables de stopper l’ensemble du trafic maritime.

Deuxièmement, une fermeture complète du détroit bloquerait également les livraisons de denrées alimentaires, de médicaments et de carburant vers les ports yéménites eux‑mêmes, notamment Hodeidah. Un tel blocus infligerait donc de graves dommages économiques et humanitaires au Yémen lui‑même.

Troisièmement, il y a le facteur chinois. La Chine compte parmi les plus grands importateurs de pétrole saoudien. En outre, toute fermeture du détroit de Bab el‑Mandeb perturberait directement les expéditions de marchandises chinoises vers l’Europe. Comme on le sait, Pékin exerce une influence directe et indirecte à la fois sur l’Iran et sur les Houthis, ce qui confère à la Chine un intérêt évident à éviter une perturbation prolongée du commerce maritime dans la région.

Quatrièmement, une fermeture du détroit de Bab el‑Mandeb entraînerait presque à coup sûr une réponse militaire internationale immédiate. Les Houthis s’exposeraient non seulement à des frappes de représailles ponctuelles, mais potentiellement à une opération militaire de bien plus grande ampleur. Des forces navales des États‑Unis, du Royaume‑Uni, de plusieurs États membres de l’UE et de pays de la région sont déjà déployées sur place et ont déjà mené des frappes contre les infrastructures militaires houthies en réponse à des attaques contre la navigation commerciale. Un blocus total fournirait vraisemblablement un motif pour une opération sensiblement plus large.

Enfin, de nombreux observateurs estiment que les Houthis eux‑mêmes ont peu d’intérêt à franchir un seuil aussi critique. Comme auparavant, ils semblent utiliser la menace de fermeture du détroit principalement comme un instrument de pression militaire et politique ciblée plutôt que comme un objectif en soi. L’annonce d’aujourd’hui doit donc être interprétée dans ce contexte — comme une tentative d’accroître la pression sur l’Arabie saoudite. Il est probable que les Houthis cherchent à prendre pour cible les pétroliers saoudiens, mais il est peu vraisemblable qu’ils puissent bloquer complètement le détroit de Bab el‑Mandeb, ni d’un point de vue technique ni d’un point de vue stratégique.

À en juger par le comportement du marché, les traders semblent être parvenus à une conclusion similaire. Malgré la réaction initiale marquée, l’EUR/USD reste dans la zone des 1,14, où la paire évolue depuis quatre semaines. Si, à court terme, les vendeurs n’arrivent pas à consolider une cassure sous le support des 1,1410 (borne inférieure des Bandes de Bollinger sur le graphique H4), des positions longues peuvent être envisagées. Dans le même temps, les traders doivent garder à l’esprit qu’une incertitude géopolitique persistante continue de limiter le potentiel haussier de la paire aux alentours de 1,1470 (borne supérieure des Bandes de Bollinger sur le graphique quotidien), zone où il serait judicieux de prendre ses bénéfices.

Analyst InstaForex
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