
Le dixième jour d’attaques dans le détroit d’Ormuz accroît les risques pour le transport maritime et maintient une prime géopolitique sur le pétrole, ce qui contribue à la hausse des prix de l’or comme du pétrole. L’augmentation des prix du pétrole constitue un choc inflationniste, ce qui permet d’expliquer pourquoi les obligations du Trésor ne se comportent pas comme une simple valeur refuge.
Selon les données de BNY Mellon, le U.S. Central Command a confirmé des frappes contre des postes de commandement, des sites de lancement et des systèmes de défense aérienne en Iran, tandis que l’Iran a frappé des bases militaires américaines au Koweït et en Jordanie. Par ailleurs, des rapports de la marine britannique ont fait état d’attaques contre des navires à proximité du détroit d’Ormuz. Dans ce contexte, BNY Mellon indique que les tensions ont porté le prix du Brent à 88,73 $ le baril et poussé les prix de l’essence aux États‑Unis au‑delà de 4 $ le gallon, avertissant que des perturbations de la navigation dans le détroit d’Ormuz pourraient encore réduire les volumes mondiaux de pétrole et accroître les risques géopolitiques.

Les analystes de Deutsche Bank relèvent que les nouvelles de lundi n’étaient pas entièrement positives, en soulignant que les cours du pétrole se sont partiellement redressés après une baisse déclenchée par l’annonce par les Houthis de leur intention d’imposer un blocus maritime à l’Arabie saoudite, ce qui pourrait aggraver les problèmes d’approvisionnement en pétrole.
Dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, ils expriment un certain espoir après qu’un représentant du ministère iranien des Affaires étrangères a confirmé que des idées provenant de divers intermédiaires avaient été transmises à l’Iran. Toutefois, ils mettent en garde contre le fait que le durcissement de la rhétorique des Houthis au Yémen et du président Trump a contribué à une hausse de 1,30 % du prix du Brent, qui a atteint 89,38 dollars le baril.
Les stratégistes d’OCBC soulignent que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a déjà fortement ralenti et que les prix du pétrole ont augmenté à la suite d’informations selon lesquelles les Houthis soutenus par l’Iran envisagent de restreindre les voies maritimes reliant l’Arabie saoudite en mer Rouge. Les analystes d’OCBC avertissent que de telles actions pourraient menacer l’une des rares voies alternatives capables de compenser les perturbations dans le détroit d’Ormuz, ce qui pourrait réduire les volumes d’approvisionnement en pétrole provenant de la région. Ils ajoutent qu’une escalade plus importante pourrait raviver les craintes de chocs d’approvisionnement prolongés et conduire à des prix du pétrole dépassant 100 dollars le baril. Les prix du Brent avaient atteint 114 dollars le baril fin avril, soit 40 % de plus que les niveaux actuels.
Les analystes de MUFG notent que les principaux thèmes sur les marchés incluent la montée des tensions entre les États-Unis et l’Iran, impliquant les Houthis au Yémen, ainsi que les préoccupations quant à la pérennité du boom de l’IA. Ils relèvent que les Houthis ont exprimé leur intention d’imposer un blocus maritime à l’Arabie saoudite en réaction à ce qu’ils décrivent comme le siège de leur capitale. Cela a conduit la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen à prendre des mesures pour protéger les navires dans le détroit de Bab-el-Mandeb, à l’extrémité sud de la mer Rouge.
MUFG souligne également qu’un blocus total du détroit constitue un scénario alternatif, qui pourrait contraindre certains pétroliers et cargos à emprunter des routes plus longues via le canal de Suez et le cap de Bonne-Espérance, ce qui finirait par affecter les tarifs du transport par conteneurs et les coûts de fret. Ils nuancent toutefois leur évaluation du risque, en indiquant que même si des perturbations de l’offre se produisaient, elles auraient peu de chances de se prolonger compte tenu du manque d’options d’Ansar Allah.