Les indices boursiers américains ont terminé en baisse hier. Le S&P 500 a reculé de 0,48 %, le Nasdaq 100 a chuté de 0,64 % et le Dow Jones Industrial Average a perdu 0,77 %.

Les marchés asiatiques ont suivi le mouvement, reculant après la vague de ventes aux États-Unis, la hausse du pétrole ravivant les craintes d’inflation. L’indice MSCI Asia Pacific a baissé de 0,6 %, Hong Kong et l’Australie figurant parmi les plus mauvais élèves. Le Brent a brièvement atteint 101,94 $/baril en début de séance asiatique avant de reperdre ses gains. Le rendement du Treasury à 10 ans est resté proche d’un sommet à 4,85 %.
L’évolution la plus révélatrice a été la réaction du marché aux initiatives du Treasury. Le plan du gouvernement visant à racheter jusqu’à 6 milliards de dollars de Treasuries de longue maturité a déçu certains investisseurs qui espéraient un programme plus ambitieux. Rappelons qu’en août, le Treasury avait doublé les limites de ses opérations, de 2 à 4 milliards de dollars, ce qui avait temporairement fait baisser les rendements pendant quelques jours avant qu’ils ne se redressent. Cette première annonce avait provoqué la plus forte hausse en une séance des obligations de long terme depuis février 2025. La deuxième a eu peu d’effet, et cette dernière initiative a suscité une franche déception. Les sceptiques, qui avertissaient que des ajustements techniques ne suffiraient pas à corriger les déséquilibres budgétaires, ont gagné en crédibilité, tandis que la boîte à outils du Treasury semble se réduire à chaque tentative.
Un contraste saisissant est apparu entre deux déclarations publiées presque coup sur coup à Washington. Hier, le secrétaire au Treasury, Scott Bessent, a présenté un plan de consolidation budgétaire visant à réduire un déficit qui approche les 2 000 milliards de dollars. Aujourd’hui, le président Donald Trump a promis de verser 5 000 $ à chaque adulte américain si les Républicains conservent le contrôle des deux chambres du Congrès. Avec environ 260 millions d’adultes, cette promesse représenterait quelque 1 300 milliards de dollars, soit un montant comparable à une grande partie du déficit annuel que Bessent dit vouloir réduire.
Les anticipations de marché ont évolué avant les chiffres de l’inflation attendus vendredi. Les contrats à terme sur les fed funds intègrent désormais environ 62 % de probabilité d’une hausse de 25 pb lors de la réunion des 15–16 septembre, contre environ 60 % mardi. Cependant, une publication d’inflation plus clémente renforcerait l’argument en faveur d’une pause et rendrait le dollar vulnérable à une révision accommodante des anticipations de politique de la Fed. Le scénario le plus probable est que le dollar reste sous pression jusqu’à la parution des données d’inflation, les mouvements ultérieurs dépendant alors de la composition interne du rapport.

Techniquement, le graphique du S&P 500 montre que la tâche immédiate des acheteurs aujourd’hui est de franchir la zone de résistance à 7 656 afin de confirmer le potentiel haussier et d’ouvrir la voie vers 7 679. Le maintien du contrôle au-dessus de 7 698 renforcerait encore le scénario haussier. À la baisse, les acheteurs doivent défendre le niveau de 7 633. Une rupture sous ce seuil ramènerait probablement l’indice vers 7 607 et ouvrirait la voie à 7 583.