
Jeudi, l’or (XAU/USD) n’est pas parvenu à poursuivre son rebond au‑delà du seuil des 4 400 $. Dans le même temps, le métal se maintient fermement au‑dessus du plus bas hebdomadaire inscrit mercredi, alors que les investisseurs attendent de près la publication des données sur l’inflation américaine. Plus tard dans la journée, l’indice des prix à la production (PPI) sera publié, suivi vendredi par l’indice des prix à la consommation (CPI). Ces statistiques constitueront des indicateurs importants pour évaluer la future politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed), laquelle influencera inévitablement les cours du dollar américain et donnera un nouvel élan aux mouvements du prix de l’or.
La publication, ce vendredi, des données de l’indice des prix à la consommation (CPI) pour le mois d’août sera un facteur clé dans la décision de la Fed concernant les taux d’intérêt le 16 septembre. Des chiffres de CPI élevés rendraient pratiquement certaine une hausse de taux en septembre et renforceraient le dollar, tandis que des chiffres plus faibles pourraient conforter le scénario d’un statu quo sur les taux et rendre le dollar plus vulnérable à un repositionnement du marché en faveur d’une politique plus accommodante de la Fed.
Parallèlement, le marché intègre déjà une probabilité d’environ 60 % d’une hausse de taux par la banque centrale américaine lors de la réunion des 15–16 septembre. Ces anticipations se sont renforcées après la publication des chiffres de l’emploi non agricole (NFP) aux États‑Unis, supérieurs aux prévisions. En outre, les risques d’inflation liés à des coûts de l’énergie durablement élevés augmentent la probabilité d’un resserrement plus rapide de la politique monétaire par la Fed.
Plus précisément, les prix du pétrole ont atteint aujourd’hui un nouveau plus haut de trois mois sur fond de montée des tensions entre les États‑Unis et l’Iran. Les récents événements, tels que l’attaque par l’Iran de dix navires près du détroit d’Hormuz et les déclarations américaines selon lesquelles cinq pétroliers iraniens auraient été coulés dans le golfe d’Oman, accroissent les craintes de perturbations prolongées de l’approvisionnement pétrolier en provenance du Moyen‑Orient et continuent de soutenir les prix du pétrole. Cela renforce, par ricochet, les arguments en faveur d’un resserrement monétaire par les autres grandes banques centrales. Les opérateurs ont déjà pleinement intégré la probabilité d’une hausse de 25 points de base du taux directeur de la Banque centrale européenne (ECB), dont la décision sera annoncée aujourd’hui, ainsi que de la Bank of Japan lors de sa réunion des 17–18 septembre.
La Reserve Bank of Australia (RBA) envisage également la possibilité de relever ses taux à la fin du mois. Dans le même temps, les rendements des bons du Trésor américain restent élevés en raison de la déception du marché face à l’annonce du département du Trésor américain de racheter jusqu’à 6 milliards de dollars de titres du Trésor d’échéance comprise entre 10 et 20 ans, contre 2 milliards prévus auparavant. Le marché s’attendait à au moins 10 milliards.
Le raffermissement du yen japonais, porté par les attentes de resserrement monétaire de la part de la Bank of Japan, limite également l’élan haussier sur l’USD/JPY, ce qui, en retour, soutient le métal précieux.
D’un point de vue technique, l’or se maintient au‑dessus de la moyenne mobile simple (SMA) à 100 périodes, mais en dessous de la moyenne mobile simple (SMA) à 200 périodes, ce qui se traduit par une dynamique de prix neutre avec des signes de ralentissement de la hausse. Les oscillateurs envoient des signaux contradictoires, ce qui traduit l’absence de direction claire pour le XAU/USD. Résistance : 4 450 $. Support : la SMA à 100 jours.