Hier, un dollar solide est resté maître du jeu face à l’euro et à la livre sterling, à la veille de la réunion de deux jours de la Réserve fédérale qui commence aujourd’hui. L’euro est tombé à 1,1525 lundi, la livre a inscrit un plus bas mensuel autour de 1,3465, et même si les deux devises ont rebondi depuis leurs creux locaux, la tendance baissière en place depuis la fin du mois d’août demeure intacte.

Je mettrai en avant le discours de Christine Lagarde, qui s’est concentré de manière inattendue non pas sur la politique monétaire, mais sur la flambée de l’intelligence artificielle. La présidente de la Banque centrale européenne a rappelé que les ménages de la zone euro détiennent déjà environ 440 milliards d’euros d’actions technologiques américaines et a averti que l’Europe est en retard en matière de capacités de calcul. À mon sens, il s’agit davantage d’un élément de contexte que d’un facteur direct pour l’euro, mais c’est révélateur : tandis que l’Europe débat de la manière de rattraper son retard en matière d’infrastructures d’IA, le dollar continue d’être soutenu par les anticipations de taux.
Aujourd’hui, l’attention se porte sur le chômage au Royaume-Uni pour le mois de juillet, attendu à 4,9 % — inchangé pour le quatrième mois consécutif — ainsi que sur la croissance des salaires moyens, qui pourrait ralentir à 3,9 %. Si les chiffres sont conformes aux attentes, cela ne provoquera pas de retournement de tendance pour la livre, mais confirmera probablement sa faiblesse actuelle dans un contexte de domination généralisée du dollar. L’Allemagne et la zone euro publieront leurs indices de climat des affaires, et les États-Unis publieront les chiffres ADP ainsi que l’indice manufacturier de la Federal Reserve Bank of New York, mais je ne m’attends pas à ce que ces annonces l’emportent sur les anticipations autour de la décision de la Federal Reserve de demain. Je ne prévois pas de correction significative du dollar avant la publication du communiqué de la Fed.
Stratégies de trading :
Momentum
Pour l’euro, une cassure au-dessus de 1,1544 ouvrirait la voie vers 1,1563 puis 1,1579. Ce scénario est possible si les données de climat des affaires en provenance d’Allemagne et de la zone euro dépassent nettement les attentes et atténuent au moins temporairement l’appétit vendeur. À mes yeux, le scénario le plus probable reste une cassure à la baisse de 1,1525, avec des objectifs à 1,1507 puis 1,1486, car à la veille de la décision de la Fed, le dollar a peu de chances de céder l’initiative.
Pour la livre, une cassure au-dessus de 1,3502 viserait 1,3531 puis 1,3565, mais sans surprise sur les données du marché du travail, il ne faut pas trop compter sur un tel mouvement. Une cassure sous 1,3464, avec des objectifs à 1,3435 puis 1,3401, paraît plus logique, surtout si les chiffres du chômage et des salaires sont conformes aux prévisions ou plus faibles.
Retour à la moyenne

Pour l’euro, je surveille 1,1548 en résistance et 1,1520 en support. La fourchette est étroite, ce qui est naturel à l’approche de la réunion de la Fed : il est peu probable que les intervenants de marché prennent de grosses positions contre le dollar la veille de la décision. Un faux mouvement au-dessus de 1,1548, suivi d’un retour rapide dans la fourchette, cadrerait avec ce contexte d’attentisme ; dans ce cas, il est logique de placer le stop juste au-dessus de ce niveau.

Pour la livre, je me concentre sur 1,3495 à la hausse et 1,3465 à la baisse. Les attentes concernant les données sur le marché du travail au Royaume-Uni resserrent également cette fourchette : si les chiffres sont publiés neutres, une fausse cassure des bornes suivie d’un retour dans la fourchette, plutôt qu’une véritable sortie durable, est probable. Pour tester la borne inférieure à 1,3465, il faudrait que les chiffres du chômage ou des salaires déçoivent nettement par rapport aux prévisions ; dans ce cas, il est logique de placer le stop juste en dessous de ce niveau.