Au cours de la première partie de la séance américaine de lundi, l’or se négocie autour de 4 170 $ l’once, en recul par rapport au plus haut intrajournalier de 4 217 $ atteint lors de la séance asiatique, et faisant face à une résistance proche du niveau de court terme de 4 171,00 (EMA200 sur le graphique horaire XAU/USD). Le métal n’a pas réussi à se maintenir au-dessus du seuil psychologique des 4 200 $, un dollar américain plus fort et la hausse des prix du pétrole limitant son potentiel de reprise. Le marché reste figé dans l’attente de la publication de l’inflation américaine prévue mercredi.
Ce qui soutient l’or
Afflux record vers les ETFs adossés à l’or. Selon le World Gold Council, les ETFs or mondiaux ont attiré 10 milliards de dollars en septembre, et les flux cumulés du troisième trimestre ont atteint un record de 31 milliards de dollars. Malgré une baisse de 8,5 % du prix de l’or en septembre, les achats ont augmenté de 67 tonnes pour atteindre un record de 4 256 tonnes. Cela indique que les investisseurs institutionnels considèrent la correction actuelle comme une opportunité d’augmenter leurs positions plutôt que de sortir du marché.
Achats soutenus des banques centrales. En août, les banques centrales ont déclaré des achats nets de 39 tonnes, portant le total cumulé depuis le début de l’année à 170 tonnes. La People’s Bank of China a augmenté ses réserves de 20 tonnes en août — son 22e mois consécutif d’achats — portant ses avoirs totaux à 2 387 tonnes. La Pologne reste le plus grand acheteur depuis le début de l’année (98 tonnes), se rapprochant de son objectif de 700 tonnes. Cette demande structurelle est indépendante des décisions de court terme de la Réserve fédérale.
Les tensions géopolitiques restent en toile de fond. Des attaques des Houthis contre l’aéroport international de Riyad ce week-end ont fait 12 morts, et le président Trump a ouvert la porte à une possible participation des États‑Unis à des frappes de représailles. La situation autour du détroit d’Ormuz continue de créer des risques pour l’approvisionnement énergétique, maintenant une prime de risque géopolitique.
Ce qui pèse sur l’or
Un dollar fort reste le principal frein. L’indice USDX se négocie autour de 102,30–102,40, proche de ses plus hauts de 18 mois. Un dollar fort rend l’or plus coûteux pour les détenteurs d’autres devises et limite son potentiel de hausse.
Les rendements obligataires à des plus hauts de plusieurs années. Le rendement du Treasury américain à 10 ans se maintient autour de 5,24 %, proche du pic de 5,36 % atteint la semaine dernière — son plus haut niveau depuis 2002. Pour l’or, qui ne verse aucun intérêt, cela représente un coût d’opportunité élevé de détention du métal.
La hausse des prix du pétrole accroît les risques inflationnistes. Le Brent se traite au‑dessus de 103 dollars le baril après que l’Iran a rejeté comme insuffisante la proposition américaine de rouvrir la navigation dans le détroit d’Ormuz. Des prix de l’énergie plus élevés renforcent les anticipations d’inflation, soutiennent une posture restrictive de la Fed et exercent une pression baissière sur l’or.
Le marché attend l’IPC. Les investisseurs évitent d’ouvrir de grandes positions avant la publication mercredi des chiffres de l’inflation américaine. Le consensus anticipe une accélération de l’inflation globale en glissement annuel à 3,7 % contre 3,4 % et une hausse de l’IPC de base à 2,5 % contre 2,4 %. Des données robustes pourraient relancer les anticipations d’une hausse de taux en octobre, ce qui pèserait sur l’or.
Brève analyse technique

Le tableau technique reste baissier, mais le métal montre des signes de stabilisation.
L’analyse technique consolidée sur le graphique horaire signale une recommandation de « vente » : 11 des 23 indicateurs appliqués privilégient les positions vendeuses.
L’or évolue entre 4100 et 4200 depuis deux semaines, et ni les acheteurs ni les vendeurs ne font preuve d’une forte conviction. Le RSI (14) sur le graphique quotidien se situe autour de 44, en dessous du niveau neutre de 50, ce qui indique un intérêt acheteur limité.

Conclusion et recommandations
L’or consolide autour de 4170,00, coincé entre le support à 4100,00 et la résistance à 4225,00. Le niveau clé pour les acheteurs reste 4230,00 ; pour les vendeurs — 4150,00.
Pour les traders de court terme :
- Envisager des positions longues en cas de cassure durable au-dessus de 4235,00, avec des objectifs à 4256,00–4300,00 et un stop-loss sous 4150,00.
- Envisager des positions courtes en cas de rupture sous 4150,00, avec des objectifs à 4100,00–4066,00 et un stop-loss au-dessus de 4235,00.
- Surveiller de près l’indice des prix à la consommation (14 octobre) — c’est le principal catalyseur potentiel de mouvement.
Pour les investisseurs de moyen terme :
- Un éventuel repli vers 4100,00–4066,00 peut être mis à profit pour renforcer prudemment les positions longues, à condition que la demande structurelle des banques centrales et des ETF reste intacte.
- HSBC souligne que l’or demeure un actif de diversification attractif dans un contexte d’incertitudes géopolitiques et de risques budgétaires.
Gestion du risque :
- Tenir compte de la volatilité accrue autour des publications d’inflation.
- Utiliser des stop-loss de manière stricte, en particulier lors du trading de cassures de niveaux clés.
- Surveiller les rendements obligataires, les prix du pétrole et les déclarations de la Fed.
Cette analyse s’appuie sur des sources ouvertes et des informations de presse et représente une étude de la dynamique des prix influencée par de nombreux facteurs ; la gestion du risque et le contrôle des positions sont donc particulièrement importants.