
La paire de devises USD/CAD oscille près de l’EMA 200 jours autour de 1,3960, après avoir échoué à capitaliser sur l’élan intrajournalier. Des facteurs opposés déterminent la dynamique de l’instrument. Le repli des cours du pétrole brut au début de la nouvelle semaine de trading pèse sur le dollar canadien, étroitement corrélé à cette matière première, ce qui empêche la paire de reculer davantage. Parallèlement, la baisse de l’appétit des investisseurs pour les actifs refuges pèse sur le dollar américain, maintenant la paire proche du plus bas de vendredi, son niveau le plus faible depuis le 16 septembre.
Selon des informations de presse, des négociateurs iraniens ont tenu dimanche, pour la troisième journée consécutive, des discussions avec des médiateurs du Qatar au sujet d’un accord susceptible de mettre fin aux actions militaires américano‑israéliennes contre l’Iran. En outre, Téhéran a proposé une initiative visant à rétablir le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz en l’espace de 48 heures, à condition que les États‑Unis répondent à un certain nombre d’exigences. Le président américain Donald Trump a déclaré que les négociations avec l’Iran progressent favorablement et que Téhéran est intéressé par la conclusion d’un accord.
Ces évolutions compensent en grande partie l’effet du changement de cap inattendu de la Bank of Canada vers une politique monétaire plus restrictive, ce qui freine l’appréciation du dollar canadien.
Dans le même temps, le dollar américain est sous pression sur fond d’optimisme quant à une résolution diplomatique probable du conflit au Moyen‑Orient. Néanmoins, la prime de risque géopolitique reste présente, Donald Trump n’ayant pas exclu de nouvelles actions militaires après les élections de mi‑mandat prévues le 3 novembre.
Par ailleurs, le guide suprême iranien Ali Khamenei a ordonné au haut commandement militaire de se préparer à une reprise de la confrontation et d’élargir les options de riposte de l’Iran. Ainsi, les risques liés au marché pétrolier restent orientés à la hausse malgré le recul actuel, compte tenu des tensions persistantes à proximité du détroit d’Ormuz.
Les analystes de MUFG/BTMU notent que, du point de vue du marché, « la répartition des risques pour le pétrole reste asymétrique ». Ils reconnaissent qu’une diplomatie couronnée de succès pourrait « réduire la prime géopolitique », mais avertissent qu’« une nouvelle escalade militaire ou d’autres perturbations près du détroit d’Ormuz pourraient déclencher une hausse plus marquée des prix ». Cela met en évidence la vulnérabilité des pays importateurs d’énergie.
En outre, les intervenants de marché intègrent une probabilité d’environ 75 % d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt par la Federal Reserve en décembre. Cela pourrait soutenir davantage le dollar américain et appuyer la paire USD/CAD.
Dans l’attente de statistiques macroéconomiques importantes aux États‑Unis prévues en début de mois, les traders pourraient adopter une position attentiste. L’attention devrait se concentrer sur les rapports mensuels sur le marché du travail au Canada et aux États‑Unis, en particulier les données sur les créations d’emplois non agricoles (NFP) attendues vendredi.
Sur le plan technique, à court terme, la paire USD/CAD reste orientée à la baisse, évoluant sous la moyenne mobile simple (SMA) 100 jours à 1,4047. Les cours actuels gravitent autour de l’EMA 200 jours.
Une zone de résistance dense formée par un faisceau de moyennes mobiles, dont la SMA 100 jours, suggère que toute tentative de rebond se heurtera vraisemblablement à des ventes dans cette région. Pour réduire la pression vendeuse, les acheteurs devront franchir cette zone. Le premier support est assuré par l’EMA 200 jours ; en dessous, le seuil psychologique de 1,3900 et la SMA 200 jours offriront un soutien supplémentaire. Avec des oscillateurs toujours en territoire négatif, les vendeurs conservent l’avantage.