
La paire de devises GBP/USD a poursuivi son mouvement haussier mercredi. Cette fois, la raison du recul de la monnaie américaine a été un rapport sur l’inflation américaine plutôt terne. Ternе, mais pas moins significatif pour autant. Les experts ont correctement anticipé le chiffre de l’inflation de juillet, de sorte que la réaction du marché n’a pas été aussi forte qu’elle aurait pu l’être. Dans le même temps, un second ralentissement consécutif de la hausse des prix à la consommation a été enregistré, ce qui rend une hausse du taux directeur, au moins en septembre, peu opportune. Formuler des prévisions à long terme n’a aucun sens dans le contexte actuel. L’inflation dépend désormais largement du conflit géopolitique au Moyen-Orient. Et faire la moindre prédiction sur l’évolution ou le dénouement de ce conflit est une tâche sans espoir. Rien que la rhétorique de Donald Trump à l’égard de l’Iran peut changer trois fois dans la même journée.
Il est donc logique de se tourner vers la configuration actuelle des rapports entre l’Amérique et l’Iran pour au moins comprendre grossièrement à quoi s’attendre dans un avenir proche. À notre avis, l’affrontement actuel entre Téhéran et Washington se déroule dans la plus pure tradition d’une partie d’échecs. Les deux camps ont joué tous les coups à leur disposition qui leur permettaient de repousser les attaques de l’adversaire ou d’améliorer leur propre position sur l’échiquier. Nous sommes désormais entrés dans une phase où l’Iran est solidement retranché en défense, mais reste capable de repousser toute attaque américaine. L’Amérique, quant à elle, se retrouve dans une position classique de « zugzwang », où tout coup supplémentaire ne ferait qu’aggraver sa situation. En bref, Trump n’a plus de coups à jouer pour pousser l’Iran vers un accord ou des négociations. Le président américain a déjà abattu tous ses atouts.
Examinons ce que le dirigeant américain pourrait encore entreprendre. De nouvelles frappes contre l’Iran ? Inutile. Toutes les attaques et frappes précédentes l’ont démontré. Un débarquement sur l’île de Kharg ou une opération terrestre sur le territoire iranien ? Inutile, car les forces américaines y subiraient une défaite totale. Trump ne peut pas envoyer toute l’armée américaine au Moyen-Orient, car cela signifierait une guerre à grande échelle dans laquelle les États-Unis subiraient inévitablement de lourdes pertes humaines. Le peuple américain ne le lui pardonnerait jamais, quelles que soient les circonstances. Pression économique et sanctions ? L’Iran fait déjà face à des centaines, voire des milliers de sanctions qui ne l’empêchent pas de vendre son pétrole à la Chine ou à d’autres pays d’Asie de l’Est. L’Iran vit sous sanctions depuis un demi-siècle ; de nouvelles restrictions ne l’effraient pas.
Mais même si l’on suppose que Trump opte pour l’un des trois scénarios ci-dessus, il ne ferait que se nuire à lui-même. De nouvelles frappes de missiles alors que les stocks de missiles et d’armes sont limités ? Trump essuierait un déluge de critiques de la part de son propre électorat et du Pentagone. Une opération terrestre ? Les Républicains ne gagneraient pas une seule voix ni au Sénat ni à la Chambre des représentants. Accroître la pression économique et adopter une stratégie attentiste ? L’Iran est prêt à tenir et à patienter, et plus le conflit se prolonge, plus les prix du pétrole et des carburants montent, plus l’inflation américaine augmente, et plus les chances de Trump lors de l’élection de novembre diminuent. Quel que soit le coup joué par Trump, sa position ne peut que se détériorer.

La volatilité moyenne de la paire GBP/USD au cours des 5 dernières séances de trading est de 47 pips. Pour la paire livre/dollar, cette valeur est considérée comme « faible ». Ainsi, pour le jeudi 13 août, nous anticipons un mouvement dans la fourchette délimitée par les niveaux 1,3444 et 1,3538. Le canal de régression linéaire supérieur est orienté à la baisse, ce qui indique une tendance baissière. L’indicateur CCI est entré deux fois en zone de surachat, ce qui peut provoquer un nouveau repli baissier.
Niveaux de support les plus proches :
S1 – 1,3489
S2 – 1,3428
S3 – 1,3367
Niveaux de résistance les plus proches :
R1 – 1,3550
R2 – 1,3611
R3 – 1,3672
Recommandations de trading :
La paire de devises GBP/USD conserve une dynamique haussière. La politique de Trump continuera d’exercer une pression sur l’économie américaine, de sorte que nous n’anticipons pas de vigueur durable du dollar américain. L’année 2026 reste toutefois très positive pour le dollar en raison du contexte géopolitique, mais même les plus beaux contes de fées ont une fin. Sur l’unité de temps hebdomadaire, on observe toujours une phase de range entre les niveaux 1,3150 et 1,3780 au sein d’une tendance haussière de quatre ans, ce qui suggère une poursuite de l’appréciation de la monnaie britannique à moyen terme. Des positions longues avec des objectifs à 1,3538 et 1,3550 peuvent être envisagées lorsque le prix se situe au-dessus de la moyenne mobile. Un prix inférieur à la ligne de moyenne mobile permet d’envisager des positions vendeuses, avec des objectifs à 1,3444 et 1,3428.
Explications des illustrations :
Les canaux de régression linéaire aident à déterminer la tendance actuelle. Lorsqu’ils sont tous deux orientés dans le même sens, la tendance est forte.
La ligne de moyenne mobile (paramètres 20,0, lissée) définit la tendance à court terme et le sens privilégié pour le trading à l’instant présent.
Les niveaux de Murray représentent des niveaux cibles pour les mouvements et les corrections.
Les niveaux de volatilité (lignes rouges) indiquent le canal de prix probable dans lequel la paire évoluera le jour suivant, sur la base des indicateurs de volatilité actuels.
L’indicateur CCI — son passage en zone de survente (en dessous de ?250) ou en zone de surachat (au-dessus de +250) signifie qu’un retournement de tendance dans le sens opposé est proche.