
L’EUR/USD reste inscrit dans l’impulsion baissière locale initiée le 17 avril, mais celle-ci se rapproche chaque jour un peu plus de son terme. Le seul élément manquant pour confirmer pleinement une tendance haussière est l’invalidation du déséquilibre baissier 17. Ce pattern pourrait être invalidé prochainement. Pour cela, le prix doit franchir à la hausse le sommet du 16 juin. Le contexte fondamental demeure défavorable aux vendeurs. Les chiffres des Nonfarm Payrolls et les données d’inflation ont nettement réduit la probabilité d’un durcissement de la politique monétaire du FOMC. La Fed elle-même a déjà tenu deux réunions sous la présidence de son nouveau Chair, Kevin Warsh, et jusqu’à présent, elles se sont toutes deux conclues par une simple expression de préoccupation vis-à-vis de l’inflation élevée. Le marché a intégré la perspective d’une politique plus restrictive pendant près d’un mois et demi, avant de commencer à conclure qu’une hausse de taux pourrait ne pas intervenir dans un avenir proche. La Fed pourrait bientôt se montrer inquiète de l’état du marché du travail américain, qu’un relèvement de taux viendrait encore fragiliser. Dans le même temps, la BCE pourrait décider de relever à nouveau ses taux directeurs lors des prochaines réunions, l’inflation dans l’Union européenne étant susceptible de repartir à la hausse après un mois de juillet relativement calme au Moyen-Orient.
Comme je l’ai signalé ces dernières semaines, si les statistiques sur le marché du travail se révèlent à nouveau faibles, ce sera une raison suffisamment forte pour que la Fed renonce à une hausse de taux. Bien sûr, on ne peut l’affirmer avec une certitude absolue, puisqu’il reste au moins un rapport d’inflation et un rapport sur le marché de l’emploi avant la réunion de septembre du FOMC. Toutefois, je suis presque certain que la Fed adoptera une attitude attentiste en septembre. La quasi-totalité des traders abandonne désormais ses anticipations « hawkish » pour septembre.
Je rappelle que les attentes concernant un durcissement de la politique monétaire de la Fed ne sont que des anticipations et peuvent évoluer en fonction de la situation géopolitique ou des données économiques. Les dernières statistiques sur le marché du travail américain ont été décevantes, l’inflation montre des signes de ralentissement et la croissance du PIB s’est affaiblie. Ces trois facteurs nourrissent les doutes quant à une hausse de taux du FOMC non seulement en septembre, mais aussi dans un avenir proche. Si le détroit d’Ormuz rouvre prochainement, cela allégera encore la pression liée à l’énergie et permettra à l’inflation de continuer à reculer, ce qui affaiblira davantage les perspectives des vendeurs. À mes yeux, la seule véritable opportunité pour les vendeurs réside actuellement dans une nouvelle escalade et un blocage prolongé du détroit d’Ormuz.
Le tableau technique actuel indique que l’impulsion baissière reste en place. Le déséquilibre baissier 17 a été comblé, mais la réaction a été faible. Ce pattern pourrait donc être invalidé. Un déséquilibre haussier 19 s’est également formé, offrant un motif d’optimisme aux acheteurs. Si le déséquilibre 17 est invalidé alors que le déséquilibre 19 reste non comblé, les traders devront attendre de nouveaux patterns haussiers avant d’envisager des positions longues. Un nouveau déséquilibre haussier pourrait d’ailleurs se former dès aujourd’hui à la clôture de la bougie journalière. À ce stade, il n’y a aucun argument en faveur de positions vendeuses.
Aucune publication macroéconomique majeure n’est venue d’Union européenne ou des États‑Unis lundi. Les traders ont donc poursuivi le mouvement engagé à partir des données et événements précédents. Le fait que les acheteurs continuent de progresser sans réel soutien fondamental me paraît encourageant. Je m’attends à une poursuite de l’appréciation de la monnaie européenne et à une reprise de la tendance haussière. J’accueille donc favorablement toute nouvelle progression de la paire.
De nombreux facteurs continuent de plaider en faveur des acheteurs en 2026, et la guerre au Moyen‑Orient n’en a pas réduit le nombre. Structurellement et sur le plan global, les politiques de Trump, qui ont provoqué une nette baisse du dollar l’an passé, n’ont pas changé. À l’heure actuelle, je ne vois pas de facteurs significatifs soutenant le billet vert en dépit de la posture officiellement « hawkish » du FOMC.
Calendrier des actualités US et UE
- Union européenne – Indice ZEW des anticipations économiques (09:00 UTC).
- Allemagne – Indice ZEW des anticipations économiques (09:00 UTC).
- États‑Unis – Rapport hebdomadaire ADP sur l’évolution de l’emploi (12:15 UTC).
- États‑Unis – Permis de construire (12:30 UTC).
- États‑Unis – Mises en chantier (12:30 UTC).
- États‑Unis – Variation de la production industrielle (13:15 UTC).
Le 18 août, le calendrier économique comprend six publications, mais je ne considère aucune d’entre elles comme particulièrement importante. L’impact du contexte macroéconomique sur le sentiment de marché mardi restera très probablement limité.
Prévisions et recommandations de trading sur l’EUR/USD
À mon sens, la paire demeure en phase de construction d’une tendance haussière. Le contexte fondamental a basculé nettement en faveur des vendeurs il y a cinq mois, mais la tendance ne peut pas être considérée comme annulée ni achevée. Les acheteurs peuvent donc très bien poursuivre leur progression après deux balayages de liquidité à partir de creux clairement définis. Un signal de vente a pu se former au sein de l’imbalance 17, mais la réaction a été faible, si bien que ce pattern sera très probablement invalidé. Un signal haussier pourrait se former à l’intérieur de l’imbalance 19, mais le prix s’éloigne de plus en plus de ce pattern. Malgré la hausse assez marquée de l’euro, il n’existe pour l’instant aucun setup adapté à l’ouverture de positions longues. Les traders devraient attendre la formation de nouveaux patterns haussiers, le comblement de l’imbalance 19, ou, en attendant, se tourner vers le trading de la livre sterling.