La livre s’est affaiblie aujourd’hui après la publication de données montrant que les employeurs ont continué de réduire leurs effectifs en juillet et que les offres d’emploi sont tombées à leur plus bas niveau en cinq ans. Ce rapport intervient dans un contexte de faible demande de main-d’œuvre et de montée des incertitudes. Le nombre de demandes d’allocations chômage a diminué de 13 000, après une baisse similaire le mois précédent, alors que les économistes n’anticipaient aucun changement.

Le nombre d’offres d’emploi est tombé à 707 000 sur la période de mai à juillet, son plus bas niveau depuis 2021. L’ONS a indiqué que certains signes d’affaiblissement du marché du travail restent visibles. Le rapport précise que la baisse des offres d’emploi a été principalement tirée par les petites entreprises, qui ont évoqué les coûts de main-d’œuvre et les coûts d’exploitation comme raisons pour ne pas embaucher de nouveaux salariés ni remplacer ceux qui partent.
L’élément le plus important pour la politique monétaire a été le net ralentissement de la croissance des salaires. La rémunération dans le secteur privé, hors primes, une série suivie de près par la Bank of England, a ralenti à 2,8 % au deuxième trimestre — son plus faible niveau depuis près de six ans. La croissance globale des salaires a légèrement progressé à 3,5 %, mais cela reflète en grande partie une hausse de 6,1 % des salaires dans le secteur public, tirée par des effets de base.
Le taux de chômage est resté stable à 4,9 % pour les trois mois se terminant en juin, bien que l’office des statistiques ait averti que la qualité des données reste altérée en raison d’une erreur de collecte.

Pour la Bank of England, ces chiffres constituent un argument assez clair contre un resserrement monétaire supplémentaire. Beaucoup s’attendent désormais à ce que l’autorité de régulation s’abstienne de relever le taux directeur au‑delà de 3,75 %, car les données dressent un tableau encore plus faible du marché du travail. Le ralentissement de la croissance des salaires dans le secteur privé à 2,8 % est particulièrement significatif. Lors de la réunion de juillet de la Bank of England, trois membres du comité — Huw Pill, Megan Greene et Catherine Mann — ont voté pour une hausse immédiate de 25 points de base, invoquant le risque que les chocs sur les prix de l’énergie se transmettent aux salaires et aux prix. Les statistiques publiées aujourd’hui montrent qu’une telle transmission ne se produit pas, ce qui affaiblit considérablement la position des partisans d’un resserrement monétaire avant la réunion de septembre.
D’après la configuration technique de la paire GBP/USD, les acheteurs de livre sterling doivent s’emparer de la première résistance à 1,3550. Ce n’est qu’à cette condition qu’un objectif à 1,3580 deviendra envisageable, au‑delà duquel une progression supplémentaire sera difficile. L’objectif plus éloigné se situe dans la zone de 1,3615. En cas de repli, les vendeurs tenteront de prendre le contrôle du niveau de 1,3520. S’ils y parviennent, une sortie de la fourchette porterait un coup sérieux aux acheteurs et pousserait la paire GBP/USD vers un plus bas à 1,3500, avec la perspective d’une extension vers 1,3470.