
Mardi, malgré une légère hausse, la paire de devises reste sous pression : le yen japonais se renforce sur fond d’anticipations d’un nouveau resserrement monétaire de la Bank of Japan, tandis que l’euro pâtit de l’instabilité politique en France et de la montée des inquiétudes liées à l’inflation dans la zone euro.
Les dernières données sur l’inflation en Allemagne ont ravivé les craintes concernant la persistance des tensions sur les prix. Selon les chiffres publiés mardi par l’Office fédéral de la statistique allemand (Destatis), l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) a augmenté de 3,3 % sur un an en septembre. Ce résultat est conforme aux prévisions et dépasse les 2,9 % d’août et les 2,8 % de juillet, signalant une accélération de l’inflation. D’un mois sur l’autre, les prix à la consommation ont progressé de 0,6 % après 0,2 % le mois précédent.
Ruth Brand, la directrice de Destatis, a indiqué que l’inflation allemande avait dépassé les 3 % en septembre pour la première fois depuis décembre 2023. La principale cause en est la hausse des prix de l’énergie, notamment du fioul de chauffage et des carburants.
Cette publication intervient dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, qui maintiennent les prix du pétrole à un niveau élevé. Le Brent a reculé depuis ses plus hauts mensuels au-dessus de 105 $ le baril, mais se maintient au-dessus de 100 $.

Cela renchérit les coûts pour les entreprises et les ménages européens. L'énergie chère et le ralentissement de l'activité économique augmentent le risque de stagflation dans la zone euro. Par conséquent, la Banque centrale européenne est confrontée à une tâche difficile : elle doit contenir l'inflation sans détériorer davantage la croissance. Une accélération de l'inflation en Allemagne pourrait inciter la banque centrale à maintenir une position de politique monétaire plus prudente, ce qui pourrait limiter de nouvelles baisses de l’euro.
Dans le même temps, l'incertitude politique en France continue de nuire à l’attrait de la monnaie unique. La hausse de la dette publique et les difficultés à construire un soutien parlementaire aux mesures de consolidation budgétaire ont poussé les coûts d'emprunt de la France à des niveaux plus vus depuis la crise de la dette souveraine en Europe. Les manifestations étudiantes réclamant une augmentation des dépenses publiques d’éducation ont ajouté une nouvelle source d'instabilité.
De l’autre côté de la paire, les anticipations de nouvelles hausses de taux de la BOJ et les spéculations sur une éventuelle intervention des autorités japonaises pour stabiliser la monnaie soutiennent le yen japonais.
Les données publiées mardi montrent que l’indice des prix à la production (PPI) du Japon a augmenté de 6,8 % sur un an en septembre. Bien qu’inférieur au rythme d’août, ce chiffre signale des pressions inflationnistes persistantes et renforce les attentes d’une normalisation monétaire supplémentaire de la part de la BOJ.
Dans ces conditions, la paire EUR/JPY est prise en étau entre deux forces opposées : des pressions inflationnistes persistantes en Europe et des anticipations de resserrement monétaire au Japon.
Une hausse plus rapide des prix en Allemagne pourrait soutenir l'euro en confortant la prudence de la BCE, mais les risques politiques en France et la demande soutenue pour le yen continuent de limiter le potentiel de hausse de la paire.
D’un point de vue technique, la paire a rencontré une résistance au niveau de l’EMA 9 jours. Au‑dessus, l’EMA 14 jours, proche de 177,75, fera office de résistance. Pour alléger la pression baissière initiale, la paire doit franchir la SMA 20 jours et le seuil psychologique de 179,00. Pour l’instant, les oscillateurs sont négatifs et les vendeurs gardent l’avantage. La voie de moindre résistance reste orientée à la baisse.
Le tableau ci‑dessous montre la variation en pourcentage de l’euro par rapport aux principales devises pour la journée de mardi. Le renforcement le plus marqué de l’euro a été observé face au dollar américain.
